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La pollution atmosphérique affecte la fonction de nos gènes

La pollution atmosphérique affecte la fonction de nos gènes

La pollution atmosphérique a été liée à une multitude de maladies (et en augmentation), allant de conditions relativement mineures à débilitantes. Même les bébés dans l'utérus peuvent en être affectés.

Cela ne devrait pas surprendre même les laïcs. Pour rester en vie, nous devons continuer à respirer et, ce faisant, nous continuons à inhaler dans l'air des particules nocives provenant des gaz d'échappement des véhicules, des installations industrielles, des incendies et des centrales électriques au charbon.

Ces particules nocives s'accumulent dans notre corps au fil du temps, affectant la fonction de nos organes, de nos poumons à notre cœur en passant par notre cerveau. En fait, ils ont même un impact sur nos gènes, selon de nouvelles recherches. Une équipe de scientifiques de l'Université de la Colombie-Britannique à Vancouver, au Canada, a étudié comment les polluants de l'air provenant des gaz d'échappement des moteurs diesel influencent le fonctionnement de certains gènes.

Pour ce faire, ils ont demandé à certains volontaires de respirer les vapeurs de diesel pendant deux heures ou plus dans un petit espace clos pour voir si cela aurait un effet épigénétique en activant ou désactivant certains gènes. Le niveau de pollution auquel les volontaires étaient exposés était similaire à celui d'une route à Pékin, l'une des villes les plus polluées de la planète. D'autres volontaires ont pu respirer plus d'air frais et moins d'air pollué.

Les scientifiques ont ensuite prélevé des échantillons de sang des deux groupes. Ils ont constaté que ceux qui étaient exposés à des niveaux élevés d'échappement diesel présentaient des changements à environ 2800 points différents dans leur ADN, affectant environ 400 gènes au total. Cet effet n'a pas été observé chez les personnes qui respiraient de l'air pur.

Cette expérience a montré que la pollution de l'air peut altérer notre ADN, même si l'effet qu'elle peut avoir sur notre santé reste à explorer. Cependant, il est prudent de dire que de tels changements sont peu bénéfiques pour notre santé globale à long terme. Cela devrait être très préoccupant, car plus de neuf personnes sur dix dans le monde vivent dans des zones où les niveaux de pollution atmosphérique dépassent ceux jugés sains par l’Organisation mondiale de la santé.

Tout au long de l'histoire, les gens ont toujours été exposés à des polluants dans l'air, des incendies de cuisine et d'autres sources. À l'époque de la Rome antique, par exemple, les niveaux de pollution de l'air dans toute l'Europe ont considérablement augmenté. Cependant, ce n'est que depuis la révolution industrielle, où il brûlait du charbon à l'échelle industrielle, que de plus en plus de personnes ont été exposées à des niveaux de plus en plus élevés de pollution atmosphérique pendant des périodes de plus en plus longues.

Depuis l'entrée en vigueur des véhicules à gaz dans les villes, la pollution de l'air a augmenté encore plus. De nos jours, il n'y a pas de ville, encore moins de ville, où que ce soit qui n'ait pas au moins un certain degré de pollution atmosphérique. Pendant ce temps, dans les zones urbaines en constante expansion, les toxines aéroportées ruinent désormais la vie de millions et de millions de personnes.

Daniel T. Cross. Article en anglais



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